Étiquette : Ibn Taymiyya
Jurisconsulte et théologien hanbalite, Ibn Taymiyya (1263-1328) est une des figures majeures de l’histoire islamique. Il peut, sans conteste, être comparé aux « monuments » de l’histoire islamique, tels Shâfi‘î (m. 820) et Ghazâlî (m. 1111).
Important jurisconsulte. Taqî I-Dîn Ibn Taymiyya (661/1263-728/1328), est connu pour son militantisme, sa réforme et sa rigueur mais pas du tout pour son ésotérisme et sa pratique soufie. Sa famille a immigré face à l’avance mongole sur Damas en 1269. Il a fait ses études à la madrasa Sukkaviyya où il sera en 1284, directeur. A partir de 1285, il commence à enseigner l’exégèse coranique à la mosquée Umayyade de Damas. Il enseigna aussi en 1296, dans la plus ancienne école doctrinale hanbali de Damas. A partir de 1313, de nouveau à Damas, et chef d’école, il se consacre à la réforme religieuse dans un contexte social et politique très difficile (invasion mongole, destruction de la culture et des valeurs).
IL était fermement réfractaire aux innovations et fervent défenseur du dialogue Islamo chrétien. Ses opposants l’envoient plusieurs fois en prison (en Egypte). Il est enfin emprisonné à la citadelle de Damas, où il lui est interdit d’écrire : à cause de ses propos ouvertement hostiles aux politiques de l’époque et victime surtout de sa popularité.
Et ce n’est pas fini car même après sa mort, plusieurs de ses écrits au fil des temps furent falsifiés et idéologisés.
Épitre sur le cheminement (Rissalat as suluk)
Zayn al-Dīn Abū Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān b. Maḥmūd b. ʿUbaydān al-Baʿlabakkī (élève d’Ibn Taymiya)
L’Imam Ibn Taymiyya à propos des Saints et de la Sainteté
L’imam Ibn Taymiyya mentionne dans le volume déjà cité, la page à 190 : « un serviteur d’Allah, Tout-puissant et Glorifié, ne peut pas être considéré comme saint à moins qu’il ne soit un vrai croyant. Allah mentionne dans Coran, Sourate Yunus, 62-63 : » maintenant sûrement, sur les amis d’Allah il n’y a aucune crainte, ils ne peineront non plus; ceux qui croient et se prémunissent contre le mal. «
Ibn Taymiya : L’extinction (fanâ’)
L’« extinction » est de trois espèces. L’une appartient aux [hommes] parfaits d’entre les Prophètes et les Amis de Dieu (walî), l’autre aux modérés d’entre les Amis de Dieu et les Vertueux, la dernière aux hypocrites, hérétiques (mulhid) et assimilationnistes.
A propos d’Ibn Taymiyya
Ibn Taymiyya est Ahmad ibn Abd al-Salam ibn Abdullâh, Abou al-Abbas Taqi ud-Din Ibn Taymiyya al-Harrani, né à Harran, à l’est de Damas, en 661/1263.
Ibn Taymiyya : 5. L’obéissance aux autorités
Ibn Taymiyya fut-il un révolutionnaire poussant au tyrannicide ? D’aucuns le pensent et c’est d’autant plus regrettable qu’il suffirait de se rappeler sa maîtrise et son respect de la tradition prophétique pour exclure qu’il ait jamais pu se départir de la modération de celle-ci, en matière d’obéissance aux autorités comme en d’autres.
Ibn Taymiya : 4. Entre la divinité et la seigneuralité, le polymorphisme de l’associationnisme (shirk)
Ne serions-nous pas tous, d’un certain point de vue, des associateurs (mushrik) ? En d’autres termes, ne commettrions-nous pas tous le péché qui, dans l’optique de l’Islam, est le plus grave, celui que le Très-Haut Lui-même dit ne point pardonner ?
Trois pensées d’Ibn Taymiyya
Il n’appartient à aucune personne de désespérer mais il lui faut, plutôt, espérer en la Miséricorde de Dieu. De même, il ne lui appartient pas de ne pas désespérer mais il lui faut, plutôt, avoir peur de Son
tourment.
Ibn Taymiya : 3. la servitude, de l’asservissement à l’adoration de Dieu
Qu’est-ce qu’être ce ‘abd al-…, « serviteur de… », intervenant dans le nom même de tant de musulmans ? Selon Ibn Taymiyya, le sens de ce terme est double car il désigne soit l’être « asservi » (mu‘abbad, nomen patientis), soit l’« adorateur » (‘âbid, nomen agentis). Dans le prolongement de sa distinction entre l’être et la religion (cfr Textes spirituels II), il différencie un asservissement ontologique par rapport au Tout-Puissant, condition à laquelle aucune créature n’échappe, du fait, pour le croyant, d’ « assumer ce qui lui est ordonné de la réalité religieuse, à savoir Son adoration ». Commune au croyant et au mécréant, à l’homme bon et au libertin, reconnue même par Iblîs ainsi qu’en témoigne la révélation coranique, cette servitude des créatures par rapport au Seigneur qui les crée, les gouverne et les gère, ne
suffit pas pour faire de l’homme un croyant. L’adoration que Dieu aime et agrée naît en effet au-delà d’une telle reconnaissance de la seigneuralité de Dieu seul (tawhîd al-rubûbiyya) sur Sa création, dans l’obéissance à Sa Loi et dans la mise en œuvre de celle-ci, dans la commanderie du bien et le pourchas du mal, c’est-à-dire dans la reconnaissance effective de Sa seule divinité (tawhîd al-ulûhiyya).
Ibn Taymiya : 2. L’être (kawn) et la religion (dîn)
Commentant l’apophtegme d’al-Bastâmî « Je voudrais ne vouloir que ce que Dieu veut ! », Ibn Taymiyya précise qu’il s’agit là de ce qui est voulu par la « volonté religieuse » du Très-Haut.
Ibn Taymiya : 1. L’extinction (fanâ’)
L’oeuvre d’Ibn Taymiyya (661/1263 – 728/1328) est d’une certaine façon victime de son gigantisme et de son militantisme : en dehors des travaux académiques, les lectures qui en sont données pèchent trop souvent par ignorance de textes fondamentaux ou dégénèrent en réductions idéologisantes.
