La Futuwah (3)
MENTION DE CERTAINS TRAITS DE L’EXCELLENCE DU CARACTERE D’APRES LA SUNNA
On rapporte de Nafi’[[Nafi’ Ibn Sarjan Abu Abdullah al Daylami (m.117/736 ou 120/737). Il est le maître du grand juriste Malik Ibn Anas et le Mawla (client, serviteur) de ‘Ab. Ibn ‘Umar.]] et d’Ibn Umar[[Abdullah Ibn Umar Ibn al Khattab (m.73/693), fils de Umar Ibn al Khattab. Compagnon du Prophète, Abu Nu’aym le désigne parmi les Ahl al Suffah.]] – que Dieu soit satisfait d’eux ! – que le Prophète a dit : – Se rendre visite les uns les autres, sans autre but que de la faire pour Dieu, est un trait de l’excellence du caractère, et il revient à l’hôte d’offrir à son frère en Dieu ce dont il dispose même si ce n’était qu’une gorgée d’eau. S’il se trouvait gêné de présenter ce qu’il a sous la main, il s’exposerait ainsi au courroux divin.1
La Futuwah est l’intimité entre frères en Dieu. Il nous a été rapporté par Jabir[[Jabir Ibn Abdullah (m.74/693 – 94) : Compagnon du Prophète. Il transmit de nombreux Hadiths.]] que le Prophète a dit : – Le croyant est celui avec lequel on ressent un lien d’intimité. Il n’y a aucun bien en celui qui ne s’approche pas des autres ou ne laisse pas les autres s’approcher de lui. Les meilleurs des hommes sont ceux dont les autres peuvent tirer avantage.2
La Futuwah est générosité. Il nous a été rapporté d’après ‘A’ishah[[‘A’ishah (m.58/678) : épouse du Prophète et fille d’Abu Bakr al Saddiq. Elle était réputée pour sa culture raffinée et son éloquence.]] – que Dieu soit satisfait d’elle ! – que l’Envoyé de Dieu a dit : – Le paradis est la demeure des hommes de générosité.3
La Futuwah est la conservation des anciennes relations amicales. Il nous a été rapporté que ‘Ai’shah – que Dieu soit satisfait d’elle ! – a entendu l’Envoyé de Dieu dire : – Dieu aime que l’on prenne soin des amitiés anciennes.4
(Al Sulami, « Traité de chevalerie spirituelle »)- Hadiths similaires in Kunz al‘Ummal, tome IV, n° 16342 et sq. ↩︎
- Hadith rapporté par Al Daraqtuni, Al Afrad, et Diya al Maqdisi, Al Ahadith al Sahihah al Mukhtarah, d’après Jabir, voir Fayd al Qadir VI, p.253. On le retrouve avec quelques variantes dans Ibn Hanbal, VI, 335 ; II, 400. ↩︎
- Ce Hadith nous est rapporté par Ibn Adi, Al Kamil (éd. Beyrouth, 1984, I, p.91) et Al Quda‘i, Al Musnad (éd. Beyrouth, 1985, I, p.100) d’après ‘A’ishah. Il est considéré comme “faible”. ↩︎
- Voir Ibn Adi, op.cit., IV, p.1506. Hadith « faible ». 10 / 73 ↩︎
